… À Jean-Jacques, messager du cœur et de l’esprit, à qui je n’ai pas su écrire à temps, mais qui, de toute façon – et laissez-moi le croire – savait.
Nous nous sommes rencontrés dans cette basilique, la basilique Notre-Dame de Cléry, la même que celle où nous nous sommes quittés.
Si je n’ai jamais su appréhender ce qu’allait produire cette intersection-là, j’avais envisagé ce jour qui répondrait alors aux insuffisances de ces premiers instants.
J’avais beau m’y attendre, je n’estimais ni l’ampleur de ce dont j’allais hériter, ni le poids du dogme auquel j’allais appartenir…
J’ai rencontré Jean-Jacques le 1er avril 1990, c’était un dimanche. Il s’en allait alors vers la basilique Sainte-Marie-Madeleine de Vezelay, en Bourgogne, une coquille Saint-Jacques accrochée sur le cœur, à défaut d’un poisson accroché dans le dos.
Il est parti avec un sac à dos et je suis restée là, frustrée par le trop bref récit de sa spéculation sur le voyage qu’il entreprenait et qui allait durer presque trois mois.
Je l’ai alors suivi sur cet itinéraire semé de je ne savais trop quoi, rayant bêtement jour après jour et une à une, toutes les étapes inscrites sur cette reprographie en comptabilisant sottement les kilomètres.
Lorsqu’il est revenu, revêtu d’une peau de bête (sic), tout barbu, j’allais sans le comprendre, recevoir un des plus beaux cadeaux que j’aie reçus.
J’accédais sans le savoir à mon maître, un guide spirituel dont j’ignorais alors le sens même de la définition. Je m’entichais naïvement de la personne la plus sage, la plus généreuse, la plus sensible et la plus éclairée que j’aie jamais connue.
Je ne dis pas qu’il m’apparaissait tel un être idyllique. Il présentait bien quelques signes distinctifs d’une ou deux imperfections ou plus, et je veux bien croire, des années plus tard, que j’ai eu le bonheur de le connaître disponible et de manière épisodique.
Il avait l’âge de la persuasion, j’avais celui des illusions et c’était l’été.
… À suivre

Suivons !